Affaire BPA : la banque andorrane attaque le Trésor américain

Affaire BPA : la banque andorrane attaque le Trésor américain
Affaire BPA : la banque andorrane attaque le Trésor américain
Propriétaires de la Banca Privada d'Andorra – accusée de blanchiment par le Trésor américain – les frères Cierco contre-attaquent et poursuivent en justice leurs accusateurs aux Etats-Unis. La plainte a été déposée mercredi dernier à Washington devant le tribunal du district de Columbia. Et elle commence à faire du bruit dans le milieu feutré des affaires internationales, jusque dans les colonnes du Wall Street Journal... registre David contre Goliath. Actionnaires majoritaires et administrateurs de la Banca Privada d'Andorra, les frères Ramon et Higini Cierco attaquent en effet le Trésor américain et son département du FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network, son bras armé contre le crime financier) pour avoir mené une action «injustifiée, injuste et non constitutionnelle» à l'encontre de la BPA... Action qui s'est avérée mortelle, en l'occurrence, pour leur institution bancaire, la quatrième d'Andorre. Petit rappel des faits ? 10 mars 2015. Coup de tonnerre dans la principauté. Affirmant que quatre comptes domiciliés à la BPA dont trois appartiennent à un Russe, un Vénézuélien et un Chinois sont suspects, le FinCEN étiquette la banque andorrane comme une «préoccupation majeure dans le blanchiment des capitaux» puis dégaine la fameuse «section 311» du Patriot Act... «fatwa» antiblanchiment qui permet en fait aux Etats-Unis de punir financièrement et sans procès toute entité étrangère qu'ils estiment commercer contre leurs intérêts géopolitiques. Interdite de travailler en dollars, la BPA est exclue du marché mondial ce qui équivaut quasiment à une condamnation à mort... mais pas encore à une exécution. Laquelle interviendra, de fait, lorsqu'en Andorre, le gouvernement destituera son conseil d'administration, nommera trois administrateurs puis montera l'Agence d'État de restructuration et de résolution des entités bancaires (Areb) avec pour objectif la vente aux enchères du «bon» tandis qu'en Espagne, le gouvernement Rajoy fusillera lui aussi sur la base du «311» Banco Madrid, la filiale de BPA gérant 6 milliards d'euros d'actifs. Seulement voilà... Depuis ? L'audit d'au moins 23 000 comptes qui devait accabler la BPA n'a «rien donné de probant», selon nos sources. «Les Cierco ont été condamnés avant d'être jugés», résume un de leurs proches. Ce que répète en substance leur avocat américain, soulignant que la banque s'est entendue «sonner le glas», sans avoir été auditée, sans preuves et sans avoir pu se défendre. Un demi-milliard de dollars Aujourd'hui, les actionnaires réclament donc la transparence du dossier et de pouvoir examiner les éléments dont dispose réellement le FinCEN dont l'intervention a provoqué des centaines de licenciements et le crash d'une institution pesant plus d'un demi-milliard de dollars. «Les Cierco sont déterminés à rétablir leur bonne réputation pour l'honneur de leurs employés, actionnaires, clients et de cette famille honnête et respectée», conclut ainsi Eric Lewis, défendant leurs intérêts. Et le nouvel épisode d'un feuilleton dont la suite devrait se jouer ces prochains jours, en Andorre, car Ramon et Higini Cierco estiment entre 500 et 600 millions d'euros le préjudice qu'ils ont subi et dont ils entendent demander indemnisation à ceux qui les ont enterrés sans jugement. Leurs défenseurs andorrans ? Jaume Bartomeu et Marc Forné, eux-mêmes anciens chefs de gouvernement... Pierre Challier Origen: Affaire BPA : la banque andorrane attaque le Trésor américain

Comentaris

Trending

Com la majoria de webs, utilitzem cookies (galetes), tant pròpies com de tercers, per a recopilar informació estadística de la vostra navegació i soferir-vos un servei personalitzat. Si continueu navegant, considerem que n'accepteu l'ús.